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Feuilleton année Wagner 200  Bayreuth : L’anneau du Nibelung

Sans or, sans épée, sans Walhalla, sans bûcher…

Le Bric à brac du bicentenaire :

Wotan et les siens à la Standard Oil Compagnie.

Un motel sur la fameuse Route 66 !

Siegfried chemise de dompteur et Kalachnikov !

Les Gibischungen en HLM

Brunnhilde présentatrice de cirque.

À ceux qui auront lu les articles de commémoration de cette année 2013,comme  les invitations à lire les livrets de Richard Wagner et les articles sur ce  bi centenaire cette chronique  est particulièrement dédiée.

 

Je conseille d’avoir en tête le synopsis des quatre ouvrages qui composent le Ring et qui sont :L’or du Rhin,La walkyrie,Siegfried,Le Crépuscule des Dieux.

Synopsis qui hélas n’a nullement été suivi par le metteur en scène de Bayreuth F.Castorf.

D’entrée de jeu celui-ci nous place dans un Motel, d’un genre peu recommandable sur la fameuse route 66.Les Filles du Rhin sont des gommeuses qui attirent le chaland. Alberich le Gnome qui doit rafler la mise de l’Or  ne va pas dans l’eau pour le chercher. Les Quinze heures situées à ce niveau ont donné le haut le cœur à un grand nombre de wagnériens dont je suis.

La laideur des décors et des costumes, la vulgarité, l’obscénité quasi permanente[1] des gestes, ont eu souvent raison de la patience de certains spectateurs. Nous avons assisté à un ratage quasi complet. Cette production a été copieusement  huée du public. Particulièrement la fin de Siegfried.

 

Le Festival de Bayreuth, événement attendu de tous les amateurs comme  des curieux se trouve en chute libre. En ce mois d’août 2013 l’attention se focalisa sur les représentations de cette nouvelle production [2].Très peu de places à la revente. Un contingent bloqué. Le phénomène attractif de la cherté des places et de leur rareté a bien fonctionné.

Pour nombre de spectateurs et pour certains journalistes dont je suis , il s’agit là d’une élucubration farouchement montée contre de l’œuvre de Wagner .Un déroulement contrefait des thèmes conducteurs musicaux et poétiques qui a résonné à l’Orchestre sans contrepartie scénique. Les chanteurs ont prononcé, annoncé et énuméré ou rappelé un texte qu’aucun geste et aucun décors ni aucun objet n’ont corroboré.

Je résume :

L’or (métal) est remplacé par un vague canard en plastique ou un ballon (Alberich joue avec ! Une piscine de surface à la place du fleuve Rhin. On aperçoit le heaume [3]quelques secondes et puis on ne le verra plus[4].Les filles du Rhin sont des filles de bar ! Wotan un type louche. Erda une Madame Arthur ! Bas résille et manteau de renard blanc, robe en imitation  panthère tachetée.

Dans la Walkyrie qui se déroule  à Bakou, [5]les guerrières sont des filles publiques. Fricka, porte le seul costume  élégant et d’une certaine classe de tout le Ring : celui d’une Shéhérazade  en gris et or.

Au premier acte Siegmund et Sieglinde se rencontrent sur des bottes de foin qui servent de meubles dans  le relais de chasse de Hunding. Le Walhalla  n’existe plus ! Sa construction (l’un des moteurs du drame) motive le salaire exorbitant réclamé par les Géants, mais iln’apparaît nulle part sauf dans la partition. Nous avons droit à une roulotte en métal acier qui ne quitte plus la scène à partir de Siegfried ! Elle sert de caverne à Mime puis à Alberich devant l’antre de Fafner et ensuite à Brunnhilde sur son rocher ! Cette dernière d’ailleurs n’est pas accompagnée par son papa[6]vers son sommeil punitif (Walkyrie fin Acte3)!Elle va se coucher, seule, au fond de la baraque d’un derrick  et Wotan après avoir bu sa Vodka et mangé ses sandwiches tout en l’admonestant la quitte.

Lorsque Siegfried  arrive pour la réveiller, par somnambulisme ou lévitation, elle a changé de place depuis l’abri de Derick où elle s’était endormie ! Elle a  trouvé place dans une carrière. On y est presque !?

Siegfried se déroule avec les masques de Marx, Lénine, Staline et Mao comme unique décor,de grandes têtes sculptées à même la montagne. Le Voyageur n’a pas de lance ! Il joue les baroudeurs mains dans les poches pour impressionner son adversaire et petit fils…Siegfried forge vaguement une épée mais il tue le Dragon Fafner avec une Kalachnikov.

Pour le dernier acte de Siegfried nous allons à Berlin Alexander Platz. Un bar pizzeria et deux crocodiles en plastique[7].L’un avale une danseuse .À l’autre, Siegfried tout en parlant d’amour à Brunnhilde, lance des morceaux de pain !

Un rire a frissonné au dessus  des têtes d’une partie du public !

À la fin de l’acte Brunnhilde retire la danseuse de la gueule de Crocodile Numéro Un et Siegfried après avoir enfoncé un parapluie dans la gueule du second le retire ! Il ne faut rien perdre ! Ce serait du gaspillage capitaliste !

La lance de Wotan apparaît tenue par Siegfried qui tape dessus mais ne la rompt pas en deux  avec l’épée, une fois encore elle est absente! Donc Wotan quitte la scène sans avoir affronté son petit fils !

Au Crépuscule des Dieux Les Gibischungen qui dans le texte de Wagner possèdent un palais, habitent une sorte d’HLM lépreux avec un bar au rez de chaussée.Et la roulotte  en acier traine encore par ci par là ! On ne bouge jamais.

Le Crépuscule des Dieux est complètement loufoque ! Pas de chasseurs ! Une Mercedes (1950)de Luxe noire dans laquelle Les Filles du Rhin racolent .Siegfried est tué à coups de bâton au lieu de recevoir la lance symbolique sur laquelle il a prêté un faux serment entre les deux épaules.Il  est laissé sur place. Par de cortège ni de cérémonie funèbre. Hagen tue Gunther sans que celui-ci ait fait mine de récupérer l’Anneau[8].Enfin Brunnhilde prend l’Anneau sur le cadavre de Siegfried et la donne aux Filles du Rhin dont l’une le jette dans un brasero !À la place de retrouver ses origine dans le Rhin.

Pour le cheval, la torche, le brasier et le saut dans le Rhin !? Et les symboles inscrits dans son œuvre par Wagner nous sommes servis !Il aurait fallu aller au cinéma sans doute ?

Ceux et celles qui auront vu le spectacle me pardonneront

de n’évoquer  que brièvement  les projetions sur écran surgissant sur le parcours pour agrandir ou révéler un autre angle de la mise en scène.Pour compléter le tableau : il y a aussi quelques  digressions à base de culte Vaudou etc.

 Le mot d’ordre de cette mise en scène mascarade est une insulte permanente à la gente féminine. Soit la Femme est une mère soit elle est une prostituée. Inspirée de Freud, Hegel, Kierkegaard, cité dans le programme, [9]Marx, Lénine, Staline et Mao[10] et la clique des philosophes du néant .Le monde qui nous est présenté par Castorf est une horrible mise à sac de l’œuvre de Wagner.

Quant aux   spectateurs !Tous le monde s’en moque y compris la Direction du Festival qui a engagé ce Monsieur.Les amateurs ont dépensé des sommes considérables pour voir et entendre des représentations du niveau d’un théâtre de province ,voire de collège de l’Allemagne marxiste des année 70 et encore !

Voici de la propagande anti tout !

Avec pour cerise sur le gâteau : l’évocation des débuts de l’industrialisation à grande échelle non pas de l’Or, métal précieux, mais de l’Or noir, le pétrole veut se faire le champion de l’anticapitalisme. Démodé le camarade Castorf ! Il  vilipende en marxiste, bolchevick nostalgique qu’il est .Il régurgite sa haine pour le monde de l’industrie, alors qu’il en encaisse les profits ! Et quelle œuvre a-t-il été capable d’accomplir lui-même ?

Pas grand chose en dehors de parler chez Wagner qui ne lui demande rien, de Messieurs Rockefeller, Rothschild, les frères Nobel et les autres ?

S’il a des critiques [11]à formuler, qu’il écrive lui même une pièce de théâtre. Il en est bien incapable. Plus facile de trafiquer Wagner avec la bénédiction d’un Festival qui est entré avec sa nouvelle Direction dans l’ère du Scandale à tout prix.

Je suppose Mr Castorf a fait cadeau de son cachet aux victimes de Tchernobyl .Qui sont des victimes de l’industrialisation communiste.

Les décors de A.Denic. Costumes de Mme A. Braga Peretzki, ne valent rien ! On les trouve dans les boutiques de fringues made in China ! Et certainement pas chez les costumier de théâtre.

La Direction musicale  de Kirill Petrenko est lyrique,il laisse transparaiître dans sa direction un immense amour de la musique.On sent qu’elle le porte et l’enthousiasme car sous sa direction elle est belle dans tous les détails instrumentaux,comme dans les effets de masse qu’il parvient à fluidifier sans leut ôter leur richesse voire leur opulence. Très construite sur les plans sonores. Particulièrement subtile dans les passages romantiques et évocateurs de la nature. Indéniablement doté d’un immense talent pour le dosage instrumental et le souffle général de cette partition, ce jeune chef d’origine russe formé à Vienne prend la direction de l’Opéra de Bavière. Pas toujours positif dans l’accompagnement de certains chanteurs, comme Wotan[12] et même Brunnhilde . Mais hélas, il a raté son dernier acte du Crépuscule, en particulier la Marche funèbre sans aucune émotion .Et à partir des  stances de Brunnhilde,  jusqu’à la fin un relâchement dans le dosage des pupitres  a rendu la partition flasque, manquant de prégnance et de sens tragique. La musique a glissé sans évoquer l’inéluctable. Il a encore beaucoup de progrès à faire pour marquer de son empreinte cet œuvre gigantesque et splendide.

Il faut y voir l’effet d’une mises en scène qui en fin de course a lassé tous le monde.

A suivre

 

 

 



[1] A un moment donné Erda entame un quasi fellation sur Wotan

[2] En abrégé :L’anneau du Nibelung

[3] L’un des trois objets forgé par Mime sous les ordres de son frère Alberich

[4] Dans Siegfried ce sera patent.

[5] Cette fois le journal la Pravda traîne partout à terre, sur les bureaux dans les mains 

[6] Wotan dans le drame de Wagner

[7] à Berlin ils sont paraît-il sur une fontaine

[8] Un anneau minuscule !

[9] L’Alternative, le symparanekrômenï…1843

[10] Le décor de la Walkyrie est entièrement basé sur les statues géantes des têtes sculptées dans la pierre brute de ces quatre personnages historiques des XIX et XX ème siècles

[11] De toute natures

[12] Voir plus loin

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