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Par Gildard Guillaume

 Voici une nouvelle enquête du Juge Pline, dont nous avons déjà eu  trois opus chez le  même éditeur.[1]Plus dense et documenté sur le plan des événements historiques, ce nouveau roman de Gildard Guillaume rappelle les ouvrages ayant précédé cette serie policière. [2]

Le sujet se situe dans le Saumurois à deux périodes distinctes :

La première ,prédilection de l’auteur G.G, dans les années révolutionnaires 1789-1795 alors que flambe la Vendée.  Suivie de la seconde, années  de la Restauration ou  retour de la Monarchie à deux reprises 1814 et 1815 avec Louis XVIII.

C’est ainsi que l’on voit se dérouler les évènements auxquels le Juge Pline va devoir intervenir avec son ami le Commissaire Cuzet.

Époque ambiguë,  qui voit resurgir les haines et les règlements de compte de manière effective et sans pitié , qui découlent chez les survivants des massacres et autres actes sordides ourdis par certains révolutionnaires.

Saumur a subi une conquête particulièrement humiliante et le massacre du Bournan en décembre 1793, est resté gravé dans la mémoire collective de manière puissante et récurrente.

Avec Beaux Semblants, le lecteur est directement plongé dans une ronde d’allers et retours entre le temps présent ou l’Ici et Maintenant [3]( 1823-1824) et la période (1789-99), celle d’où proviennent  des archives, des témoignages et  des rapports  placés et trouvés en des endroits divers. Ces réminiscences  qui de toute manière sont nettes de commentaires et sans concession, vont conduire le Juge Pline et les enquêteurs vers des criminels n’apparaissant dans le parcours que dans les derniers moments. Cela se fait à grands pas pour un premier crime, puis un second . Qui au premier abord n’auraient que très peu de relation entre eux, si ce n’est l’époque et les milieux sociaux se côtoyant pas force et perpétrés dans la  même région, proche de Saumur .

Celui de Madame de Léverain, particulièrement atroce, voire même sauvage, commis dans sa chambre en pleine nuit, au château du domaine conjugal.

La victime défigurée, a été  délestée d’un collier d’une certaine valeur et semble avoir été attaquée par un rodeur, ayant employé une arme blanche sophistiquée, ayant usé d’une échelle pour atteindre la fenêtre. Il ressemblerait à l’époux de la victime selon un témoin digne de foi ! Son propre métayer. 

Et pourtant Monsieur de Léverain, cette nuit là, dormait chez sa maîtresse à plusieurs kilomètres de là.

Celui d’une certaine Rosine, femme de modeste apparence et de conduite secourable  , étouffée par un assassin d’une certaine carrure pour  l’ avoir pu  transporter à terre, dans son crasseux logis du petit quartier où elle a échoué quelques mois auparavant. Et là pas de témoin !

Ce roman est tissé  comme un récit ou une relation historique.  Il  repose en grande partie sur des événements et  des faits  semblant avérés. Les personnages  campés à l’aide de portraits de gens ayant existé subissent et sont mêles à des événement criminels  vraisemblables et la psychologie de tous remarquablement fouillée rend le récit passionnant.  Tout comme les relations sentimentales et sociales décrites qui  sont l’œuvre l’auteur. Qui très habilement  les  met en action pour orienter le récit  en  drame selon le mode d’une pièce de théâtre  ou d’un livret d’opéra . 

Nous  passons de chapitre en chapitre  d’une période à l’autre . On oublie par moment que ces deux crimes doivent être élucidés ! Et que d’actifs personnages agissent avec fièvre et passion à la recherche de la vérité ici et là où sont les archives et parfois les témoins.

L’histoire si bien contée nous requiert tout entier. Plongeant dans ce passé qui fut et demeure le nôtre et dont nous devons respecter la violence, les souffrances encourues et les injustices criminelles impunies à jamais, avec des hommes et des femmes auxquels nous ressemblons. Ou du moins qui nous interpellent dans bien des cas et nous concernent. Faisant lever en nous  la compassion que nous ne pouvons qu’éprouver à la découverte de ce que les hommes furent capables de faire subir à leur prochain.

Le juge Pline et le commissaire Cuzet  toujours en étroite relation amicale et positive paraissent moins sur le devant de la scène qu’en d’autres récits.

Cependant la pugnacité et le caractère courageux comme l’intelligence acérée du Juge Pline tout comme le sens de l’observation et la souplesse de Cuzet demeurent de mise.

Leur action si  discrète semble-t-elle, est comme à l’affut pour mieux faire chanter le “bouillon dans la marmite“ ! Et ce sont les faits et gestes des intervenants de leurs différents services qui abondent le fil des découvertes. Nous sommes conduits sur une ou deux pistes qui  paraissent probables  à notre entendement , à nos yeux…Et puis non. 

L’évidence surgit surprenante…inattendue et pourtant…de l’un à l’autre crime ? Il semble bien y avoir un fossé.

Prévoyez une bonne journée de lecture et de ne pas  reposer ce livre avant  la fin.

Beaux Semblants

Par Gildard Guillaume

Éditions Saint Léger

Quint’feuille

Amalthée

 

 

 



[1] Reposez en guerre ,Postes mortels, Lie de Mort

[2] La Gourmette ou la Berline   etc.

[3] pour employer une expression de notre temps

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Hélène Cadouin dite "AMALTHÉE"

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