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La belle Hélène  de Jacques Offenbach

à Toulouse

 

 Le Capitole de Toulouse comme l’opéra de Montpellier et celui d’Avignon ont programmé  une opérette pour les fêtes de fin d’année. Ils jouent à guichets fermés et le triomphe de la Belle Hélène de Jacques Offenbach au Capitole dépasse les espérances d’une simple distraction de fin d’année.

 

Au cours d’une Saison bien fournie en chef d’œuvres un opéra de Wagner en début et un de Verdi en contre. , un Mozart et un Donizetti dans le courant, cette pause dans la splendeur que représente une pièce d’Offenbach, sont l’heureux clin d’œil à l’oubli de nos soucis, de nos angoisses. Cette pichenette qui nous rend, une fois l’an, à l’état d’enfant joyeux. Le rire ou même simplement le sourire n’empêchent les grandes pensées envolées .Il ne font que renforcer notre admiration pour Offenbach qui  sut si bien écrire ces mélodies et ces couplets qui nous touchent à notre point sensible : humain trop humain.

Voici donc la Belle Hélène !

Celle de Troie évidemment.

Une femme vertueuse  mais séductrice et devant céder à la fatalité. Autrement dit le destin d’Hélène est voulu par les Dieux ! Elle sera enlevée par le Prince Paris et la Guerre de Troie aura lieux.

En ce rôle écrit pour un soprano lyrique et non pas une diseuse ou autre  chanteuse légère à l’aigu chevrotant la  jeune française Gaëlle Arquez.

Portant perruque au  blond roux saisissant ; haut diadème et robes coruscantes, déshabillé coquins avec baignoire assortie .Elle  interprète  Hélène en jouant d’une  séduction  maîtrisée évidente nuancée d’humour, pouvant atteindre à la malignité rieuse ce qui la montre d’une intelligence  rare. Hélène, la reine la plus belle du monde (grec), possède les clés d’un charme troublant auquel s’ajoute noblesse et don de la fantaisie de circonstance. L’allure, la tenue en scène, la silhouette s’affirment par l’élégance naturelle et un goût raffiné du geste le plus anodin. La voix au  timbre chaleureux et clair, le chant sans défaut passent l’orchestre avec des aigus d’une fiabilité technique, d’une tenue de  ligne  et d’une aisance remarquables .Une véritable découverte que cette soprano qui se soucie autant de la réussite de sa partition musicale comme du  rendu théâtral qui s’y attache .Une heureuse découverte.

Seconde femme de la distribution et rôle tout de même remarqué celui d’Oreste chanté par un mezzo soprano russe Marian Sarkissian qui ensoleille la scène par son allure bien projetée, vive ,ronde et tendre , dotée d’une sourire enchanteur qui découvre une belle voix stable , très musicale, charnue aux inflexions chatoyantes.

Le ténor Antonio Figueroa  en Pâris le Prince qui enlève Hélène ! Timbre agréable, belle quinte aigue, assurée  fusant au dessus de l’orchestre avec  élégance, souplesse et  fiabilité. Prosodie et diction parfaites  nous avons  le charme, la fidélité au compositeur et le soucis d’acter un personnage convaincant. Il vient lui aussi du monde de l’opéra où il est Nadir, Nemorino ou Tebaldo.

Avec ces trois chanteurs et ceux qui suivent nous voyons que, Opéra ou Opérette requièrent des chanteurs préparés pour la versatilité raisonnable des rôles. Mais surtout que chanter et incorporer dramatiquement un personnage s’avère être l’essentiel pour se faire comprendre d’un public.

Brian Galliford en Ménélas, René Schirrer en Agamemnon, L’excellent comédien et chanteur Antoine Garcin en Calcas, le ténor de caractère Vincent de Rooster en Achile, H.Ayerbe Pino  Ajax un et le jeune baryton Aymery Lefèvre pour Ajax deux…Tous d’une clarté, d’un enthousiasme, d’une verdeur et d’un goût de la farce subtile absolument irrésistible ; ont démontré  que, pour saisir et retenir un public même et surtout avec un chef d’oeuvre, il faut aimer ce que l’on joue et chante avant tout.

Le jeune chef canadien Jean Marie Zeitouni pour la première fois dans nos murs a emballé le public comme il a magnifiquement dirigé l’orchestre et les chanteurs .Il teint ses rythmes sans faiblir, sait atteindre à des moments d’extase et d’exquises sonorités. Il a le mental clair et fort d’un musicien né.

La  distribution, la mise en scène bravo à B.Pisani pour son esprit, sa subtilité, son sens inné du trait qui fait mouche sans surcharge et ce culte du beau et du charmant.

Parfaits d’élégance avec des suggestions multiples et un réalisme souriant, le décor établit cette comédie en un temps contemporain mêlé d’ouvertures à l’infini des temps mythologiques. Les costumes sont en plein accord avec la mise en scène.

Nous avons  atteint l’excellence du genre. Une  harmonie  parfaite avec l’œuvre , vivacité d’exécution , esprit d’interprétation  privilégiant l’humour ,la rapidité  et l’entrain très français que domine   la virtuosité et la générosité des interprètes tous animés de l’idée primordiale de la fantaisie légère et pétillante.

Aucun temps de  platitude, aucun propos scabreux .De l’opérette avec un beau sourire nuancé de tendresse.

Le public a répondu par des applaudissements  enthousiastes et fournis à ceux qui durant trois heures les ont enchantés de leur talent et de leur intelligence artistique.

L’opérette  a subi une traversée du désert en France. Ne revenons pas en arrière, évitons de commenter les phrases  minimalistes qui tombèrent parfois en pluie drue sur les amateurs de ce genre.

L’opérette compte de nombreux adeptes et fit les beaux jours des plus grandes maisons du monde : comme les opéras de Vienne, de Munich et de New York.

Le Directeur du Conservatoire de Paris sur l’antenne de France Musique ayant  prétendu qu’il n’y avait pas assez de mauvais chanteurs en France pour que l’on se préoccupe de ce genre ![1]

Il lui a été répondu par des protestations du style “volée de bois vert

Le succès de La Belle Hélène à Toulouse cette année suit les autres réussites qui ensoleillent le Capitole chaque année ,puisque à Toulouse les fins d ‘années vient régulièrement revenir les grandes opérette du Répertoire.

Amalthée



[1] Bruno Mantovani  par ailleurs compositeur plutôt célèbre et bien joué se montre ainsi tel quel : un monsieur qui écrit de la musique sans la jouer !

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